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90 ANS DE CYCLISME SUR L'AUTODROME


LA BOUCHERIE SUR L'AUTODROME

Le Grand Prix de la Boucherie :

la légende de l’autodrome lui doit beaucoup !

 

 

GP BOUCHERIE Jacques HUREL GP Boucherie 1962  JM Letailleur.jpg

 

Vingt – cinq années après l’ultime  édition remportée par Jean-Pierre Godart, que reste-t-il de la saga montlhérienne du Grand Prix de la Boucherie ?

 

Convoquer les souvenirs et les mettre en ordre est bien difficile, tant ils ressortent du registre de l’émotionnel …

 

D’abord, l’émotion procurée par  ces    pelotons pharamineux, forts de centaines et centaines d’unités … La singularité née de cette tradition du vendredi saint, dont l’abandon, à partir de l’édition 1976, laissa comme un goût d’amertume à beaucoup d’aficionados … Le folklore aussi, avec la course des garçons-boucher en tenue, et mille extravagances et folies, comme cette édition où l’équipe de Sevran a débarqué sur le plateau de Saint-Eutrope … en corbillard, ces « gamelles » extravagantes,  impliquant des dizaine et des dizaine de coursiers, qui dans les falaises, qui à l’amorce de la descente Danguillaume …

 

A l’appel des souvenirs, rappliquent forcément la haute figure du maître d’œuvre de l’épreuve, Robert Simonneau, et bien sûr celles nombre de vainqueurs valeureux … Jacques Cadiou, Daniel et Francis Ducreux, le champion olympique Daniel Rebillard, l’ogre des amateurs Daniel Leveau, l’Ecossais Robert Millar, et bien d’autres …

 

                       GP BOUCHERIE J Pierre GODART.JPG
 

 

Mais à côté de ces champions, il faut aussi convoquer les figures hautes en couleur d’un Lucien Bourdin, qui dans les sixties courait   sur un vélo déjà doté d’un changement de vitesses au guidon et de manivelles extensibles, d’un Pascal Trimaille déclassé en 1977 pour s’être débarrassé de son casque avant la fin de la course, d’un Claude Guyot, véritable terreur sur le  circuit, et  qui ne parvient pas à  gagner chez les seniors, ou encore de ces triplés épiques de l’A.C.B.B. en 1975 et du C.S.M. Persan en 1983 ….


18/06/2014
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JEAN BRUNIER FOREVER

Jean Brunier : un personnage est passé sur l’autodrome  

 

 

« Tout ce que tu peux « affurer » avec moi, mon pote, c’est un coup de tête dans la gueule ! ».

 

Jean Brunier est passé à la postérité cycliste, avec cette cinglante répartie,  rapportée par  Georges Berretrot,   le speaker du fameux « Vél’ d’Hiv’ »,  qui en fut le « destinataire » , à l’occasion d’une singulière demande  partage de prime lors des Six Jours de Paris.

 

Jean Brunier, un  champion  énigmatique, pétri de classe, tous les observateurs de l’époque l’ont reconnu,  mais un champion  au parcours bien déconcertant …

 

                       LPR BRUNIER 1925 photo JM Letailleur 01 04 2010 C.jpg

 

Né en 1896 à Paris, ce Montmartrois bon teint, se révèle, à son retour de captivité,  et va connaître

une ascension rien moins que fulgurante. Débutant en 1920, il devient champion de France  des amateurs

en 1921, puis   champion de France des professionnels l’année suivante,  non sans avoir épaté le Landerneau cycliste avec une seconde place au Tour des Flandres, et cela après avoir « roulé la caisse » pour le compte

des frères Pélissier  dans les classiques du printemps ! 

 

Et puis, après une décevante saison 1923, il décide de se tourner vers la piste, et plus spécialement le demi-fond,  à même, pense t-il alors, de lui assurer de juteux contrats sur les vélodromes d’Europe.

 

Le Grand Prix Cycliste de l’Automobile-Club de France, disputé à Lyon derrière motocyclette en marge

de l’épreuve automobile, sera le « déclic ». Car son association avec « l’entraîneur - garagiste » Léon Lauthier  va le mener en cet été 1924 des virages des Esses à ceux de l’anneau de vitesse de Linas -Montlhéry.

 

Le Belge Vanderstuyft a déjà fait « exploser » la mythique marque du record de Paul Guignard au premier jour d’Octobre  1924 ?

 

Aucune importance ; lui, Jean Brunier, va le « bousculer », ce nouveau record !   

 

 

Ce sera le point de départ d’un formidable feuilleton, qui s’étalera sur deux saisons …


18/06/2014
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SUR LES TRACES D'AIME CONSTANT

SUR LES TRACES D’AIME CONSTANT

 

 SALMSON CONSTANT photo JML.jpg 

photo collection  J.M Letailleur 

 

Le 30 Septembre 1933, le quotidien sportif « L’Auto » annonce dans ses colonnes que " le stayer marseillais Aimé Constant a l’intention d’effectuer sur l’autodrome de Montlhéry une tentative contre le record de l’heure de Léon Vanderstuyft ".

 

Particularité : en cette année 1933 où l’on se bouscule sur l’autodrome, entre les tentatives d’Alexis Blanc-Garin contre le même record, les essais du « super vélo-car » de Charles Mochet, et ceux du Vélodyne de Marcel Berthet, "L'Auto" précise  : « cette tentative sera effectuée derrière une voiture » (sans plus de précisions) « pilotée par Vernet ».

 

Sur la base de ces faibles indices, il convenait de mener l’enquête, afin d'en savoir un peu plus sur les protagonistes de l’affaire, et identifier le mystérieux véhicule.

 

D'abord, un record

Mais commençons donc à évoquer ce fameux "record de Léon Vanderstuyft". La fameuse marque de 122.771 kilomètres sur l’heure du stayer belge, actée le 29 Septembre 1928, est le Graal des apprentis recordmen, la plupart (pour ne pas dire tous) des stayers.

 

Pour battre ce record, deux options : l’entraînement derrière automobile, ou celui derrière motocyclette. Les essais de Jules Miquel, puis de Léon Vanderstuyft derrière Talbot à Montlhéry, et ceux de Gustave Ganay dans le sillage d’une monstrueuse Voisin  à Miramas se sont révélés des impasses. L’entraînement derrière moto a été crédibilisé par les records successifs de Vanderstuyft et Brunier en 1924 et 1925. Pour chasser le record, mieux vaut se caler à cette époque derrière une motocyclette spécialement préparée pour la circonstance.

 

Pourtant, c’est dans l’abri d’une voiture de course qu'Aimé Constant choisira de se lancer à l’assaut du record. Il veut faire fi des désavantages nés du défaut d’alignement dans l’inclinaison des virages et du phénomène de fouettement des roues à vitesse élevée, pièges rédhibitoires du derrière auto.

 

Ensuite, un  prétendant au record

Le stayer marseillais n’émarge pas au même registre que celui de son glorieux prédécesseur et « pays », Gustave Ganay, tragiquement disparu en 1926. II s’est constitué l’année d’avant un petit nom à l’ombre des géants du demi-fond que sont Paillard, Grassin et Lacquehaye à l’occasion d’un chassé-croisé de records sur la piste du Parc des Princes avec le stayer britannique Harry Grant. Décrocher un titre insolite, c’est une publicité gage de contrats sur la piste des Parc des Princes, et c'est la seule "niche" disponible pour un stayer de son calibre.

 

Enfin, un engin d'entrainement

En ce millésime 1933, en forêt de Saint-Germain, le prestigieux « Bol d’Or «  automobile a été remporté par une voiture française, une Salmson, pilotée par Just-Emile Vernet.

 Né en juin 1894, Just-Emile Vernet, mobilisé en 1914, devient sergent-mécanicien dans une escadrille, expérience qui va modifier définitivement le cours de son existence.  Démobilisé en 1919,  il va dédier cette dernière à la mécanique. En 1928, il acquiert une Salmson qu'il transforme en monoplace : nous y voilà !

 

 Avec cette voiture il participera à de nombreux Grand-Prix: Saint-Gaudens, le Bol d'Or et même deux fois les 24 heures du Mans. C'est sur cette même voiture qu'il aidera donc Constant dans sa chasse au  record sur l'anneau de Montlhery.

 

salmson 2.jpg 

 photo collection  Mathieu Gras

La voiture est une Salmson Grand Sport Special numéro de série 102, 1100cm3 de cylindrée, double-arbre à came en tête et surtout moteur type San-Sebastian c'est à dire avec double-allumage.

 

 

 SALMSON DSCN2672_crop.jpg SALMSON DSCN2674_crop.jpg 

 photos collection  Mathieu Gras

 

Une histoire triste ... 

Las, ni cette bête de course, ni ce « volant » de grande classe qu'est Vernet ne permettront  à Constant de dépasser la marque de Vanderstuyft. Le 12 octobre, le stayer marseillais atteindra péniblement les 101km/h. Quelle déception, alors que la Salmson est capable de tutoyer les 160 ! Peut-être la faute à la résistance à l’avancement offert par son coupe-vent monumental. Quoiqu’il en soit, Aimé Constant abandonnera l’option « derrière auto » définitivement. Ne resteront pour l’histoire que ces quelques photos que je livre à votre émerveillement.

 

SALMSON CONSTANT 2.jpg LPR Numériser0016.jpg 

 photos collection  Patrick Police

 

L’année suivante, Aimé Constant reviendra sur le ciment de l’autodrome, derrière la moto spéciale de l'entraîneur suisse Rody Lehmann, qui persistera à ne pas lui rendre les services attendus. Une succession d’incidents mécaniques, tant pendant les essais réalisés pendant la deuxième semaine d’Octobre, avec deux "gamelles" à la clef, que le samedi 13, jour de sa tentative, où il croira battre trois records du monde, ceux des 5,10 et 20 kms, avant de tout arrêter sur incident mécanique peu après le vingtième kilomètre.

 

SALMSON constant cyclosport 18 OCT 1934_crop.jpg 

 photo collection P. Police

 

Après vérification, ces records ne lui seront pas attribués, il ne conservera que le dérisoire record du tour de piste. Quand ça veut pas rigoler …  

 

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 Trois records éphémères ... collection Patrick Police

Aimé Constant restera dans le monde du demi-fond, jusqu’à son dernier souffle. Entraîneur, notamment du bon stayer que fut Robert Rodriguez, il trouvera la mort sur la piste du stade-vélodrome de Marseille, le 18 Juin 1963, lors d’une épreuve de demi-fond.

 

Le vélodrome de Vitrolles perpétue sa mémoire, que ce petit article est un bon moyen de raviver en célébrant son souvenir et la démarche si originale qui fut la sienne.

 


 

Patrick Police

Merci à Mathieu Gras, à Philippe Hebert et à J-M Letailleur

le 4 Avril 2014

 

 


18/06/2014
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